vendredi 10 août 2007

Coupe-faim ?

"Rome est un creuset."


Il y a un détail frappant avec ce blog, c'est sa faculté à ne pas vouloir mourir.En l'espace d'un mois, je n'ai pas posté un seul message. Le silence radio (blog ?) a été drastique, finalement autant ici qu'ailleurs, sur mon autre blog sérieux, sur mon blog perso, dans mes correspondances en général.


Il y a une explication : le temps et le secret. Le secret... ho! rien de bien énorme, juste la demande de la part de la direction du CEEA de ne pas parler du CEEA quand je serais au CEEA. Je suis obligé d'accepter. Si ce blog doit continuer, il continuera sans CEEA et ça risque d'être dur vu que la moitié de ma semaine se passera dans les loceaux CEEA et que l'autre moitié se passera dans le travail... pour le CEEA.


J'ai dit CEEA dix fois (onze maintenant), je pense qu'on peut passer à un autre sujet. Le temps alors ? Je ne parle pas du climat, ça serait déplacé en ce mois d'août trop chaud ou trop froid. Je travaille en ce moment, je passe en 35 heures la semaine prochaine et ça se passe très bien. Je dois économiser avec l'école, en cas de coup dur. Alors je travaille. J'emménage, j'ai un copain, j'ai des amis proches qui ont besoin de moi, j'ai des livres à lire pendant l'été, j'ai des films à voir, des appartements à vider, nettoyer, remplir. J'ai des projets dans ma tête et si je ne me pose pas plusieurs minutes voire quelques heures pas jour à écrire, elles tournent en rond et finissent par exploser !

Je n'ai pas eu le temps de me pencher sur ces personnes géniales que j'ai croisé sur le net et qui sont devenus quasi des amis - alors même qu'on ne s'étaient jamais vus ; des amis, le mot est lâché. Difficile de faire comme si de rien n'était, de faire comme si Bruno, Denis et Peter n'étaient personnes, comme si Sébastien ne comptait pas, comme si les autres n'existaient pas. Je suis désolé de vous avoir laissé tomber.


J'ai peur de l'avenir, mais cette peur se transforme de plus en plus en essence, en fuel à neurones. Je lis comme deux, j'écris comme un (c'est déjà pas mal je trouve) et l'impatience que je tente de dissimuler se voit comme le nez au milieu d'un visage de tamanoir.

J'ai voulu ce CEEA, je l'ai eu. Ma victoire personnelle, qui supplante la précédente : je voulais le CEEA et je l'ai pas eu de justesse !


Mais il faut comprendre autre chose maintenant. Je ne suis pas content d'être entré au CEEA, je suis content de la chance qui m'est offerte. Je m'étais toujours dit : "Antony, c'est dur, mais je crois que c'est mieux si tu n'as rien à devoir à personne." Et j'ai, pour l'instant, plutôt bien suivi ma propre pensée (qui m'appelle Antony, sans H alors que j'appelle Anthony avec un H).
Je vois surtout que le principe même d'un scénariste c'est d'avoir des idées, de les développer, de les écrire et de donner naissance à un truc informe, complexe, bizarre. Une oeuvre qui plaira ou ne plaira pas, une chose qu'on ne pourra pas nous même juger avant quelques années.

Et pourtant... je me rends compte que ce qui compte vraiment, c'est ce que je vais faire après le CEEA. Que le CEEA n'est qu'une étape, un marche-pied, un tremplin... enfin prenez l'image que vous souhaitez. Et je ne dois pas perdre ça de vue !


Certains blogs que je lis, certaines personnes que j'entends ont un discours usé, racorni, bourré de clichés et de poncifs sur le cinéma, la télé. En France, aux USA. Je ne sais pas s'il vient avec l'âge, mais je vais essayer d'utiliser ma fougue jeunesse pour faire autre chose et ne pas m'apitoyer sur mon sort. Ne pas m'apitoyer sur mon (futur) métier.

Facile à dire ? Oui. Plus difficile à faire ? Pas vraiment : il suffit d'arrêter de discuter et d'écrire, écrire et écrire encore. De lire, de dévorer tous les médias possibles, d'être insatiable. Mais surtout, à mes yeux tout du moins, il s'agit d'arrêter de voir, d'arrêter de lire n'importe quoi. Le temps est précieux et j'en ai pas assez pour le gâcher.

Je veux remercier toutes les personnes qui sont venues sur ce blog. Je les remercie d'autant plus qu'ils m'ont poussés, qu'ils m'ont motivés comme peu de personne en sont capables.Ce blog ne fermera pas. Il sera l'occasion pour moi de, parfois, parler d'un sujet qui me tient à coeur, des livres que j'ai lu en ce moment pour le CEEA. Je ne parlerais pas de ce qu'il si passe, je parlerais de ce que j'en retiens.


Encore un petit mot (on se croierait à la fin d'un Seigneur des Anneaux) : Laurent, contacte moi !! Je veux qu'on se parle !!


Merci encore :)

Anthony, le fiancé errant

lundi 2 juillet 2007

Un merci général !

Je veux, par ce message court, tous vous remercier pour vos messages, vos commentaires, vos mails et votre gentilesse. J'espère que vous continuerez à venir !
Sur ce blog, j'ai dépassé les 4 000 visites et ça fait très plaisir.
Voilà... heu... encore merci :) Et à très vite !

Anthony, inside man

jeudi 28 juin 2007

CEEA... fin d'une belle aventure

J'en ai gros sur le coeur. J'ai remercié pas mal de gens dans mon dernier message et je tiens à les remercier encore une fois. De nombreuses personnes ont suivi mes aventures, mes doutes, mes délires, mes moments d'angoisse, mes moments de fierté... Vous étiez là à peu près à chaque étape des concours.
Hier matin, lors de l'oral, le jury m'a posé des questions sur ce blog. Quel était son but, était-ce une vitrine ? Je pense que je suis resté plutôt honnête dans ma démarche et que j'ai écrit et dit ce que je pensais. Je n'ai pas ici caché mes faiblesses et je n'ai pas trop exagéré mes qualités. L'honnêteté, j'aime ça (yeah!).
Donc la réponse, qu'importe si elle est bonne ou mauvaise, ne veut pas dire que le blog va fermer. Bien au contraire, il me reste encore des années et des années de travail et de sueur pour devenir ce que je rêve d'être - et ce que je serais un jour.
Maintenant, autant dire la vérité, je suis admis au Conservatoire.
Yeah !

Le Mec Trop Content

mardi 26 juin 2007

J-

Il ne reste que quelques heures avant mon oral. Un peu plus d'une douzaine d'heures. Je passe à 10h demain matin. J'ai révisé mes séries françaises, j'ai préparé des fiches, j'ai analysé et corrigé tout seul mes petits synopsis.

Je suis juste à deux doigts d'avoir l'air d'en faire trop. Ca me plaît moyen, habituellement je suis du genre je fais le minimum pour impressionner ensuite la galerie ("quoi, tu n'avais pas révisé ton anglais et tu as eu 18 au bac ?"). Mais là j'ai tout sauf envie de ne pas réussir le CEEA.

Il va juste falloir demain que je ne fasse pas trop préparé. Que je n'ai pas l'air de débiter mes réponses comme si elles étaient écrites sur des téléprompteurs derrière le jury.

Je remercie tous les gens qui m'ont suivi, qui ont écrit, envoyé des mails. Ceux qui m'ont aidé à préparer et à passer ce concours. Je pense à Denis, à Gaëlle, à Bruno, à l'Apprenti, à Sébastien et Peter, à mon professeur qui en restant silencieux m'a énormé aidé. Et les autres, je pense que vous vous reconnaitrez.

Assez bizarrement, je n'ai pas envie de voir des chaleureux "bonne chance" ou des insupportables "merde" dans les commentaires. Ce concours, je le passe avant tout pour... quelqu'un d'autre que moi.

C'est à lui que vous devriez lui dire tout ça.

mercredi 6 juin 2007

La Prisonnière Irlandaise - Genèse

Quand j'ai reçu le sujet entre mes petites menottes, la première chose que j'ai faite c'est... sortir, aller manger. Sur le chemin du retour, quelques nems dans mon estomac, les idées fusaient de toutes parts. Un travesti ? Une femme pédophile ? Les deux ensemble ? Dire que j'aime les trucs trash, c'est pas faux mais c'est pas totalement vrai non plus !

Et puis en entrant dans le magnifique hôtel de Massa, je me suis dit : "qu'est-ce l'enfant crie ? Et s'il reconnaissait quelqu'un ? Et si cette personne était sensée être morte ? Et si c'était le père de l'enfant que la mère avait tué ?"

Ca peut paraitre bizarre, mais tout m'est arrivé d'un coup d'un seul - j'ai eu toute l'histoire. Ca explique peut-être pourquoi c'est aussi mauvais ^^ mais j'ai eu rapidement les objectifs de Anne - se débarrasser de son mari et garder son enfant. Et puis au fur et à mesure que j'écrivais, je suis parti sur la piste du : "elle fabule, elle peut changer le monde qui l'entoure à sa manière." Rapidement, j'ai joué sur ses propres erreurs : prof de judo, elle se fait tabasser par son mari et devient donc prof d'art plastique.

Il y a des intrigues que j'aurais voulu allonger, creuser. Je pense à Yann surtout mais j'aurais aussi voulu avoir un début plus long avant l'arrivée de l'élément déclencheur : Jacques n'est pas mort. Je regrette aussi que l'histoire aille aussi vite - mais je vois ça comme un 52' et pas un long métrage.

Vers la fin, je me suis dit que mon personnage était suffisamment fou pour faire du mal à son propre fils dans le but de le garder. C'était une excellente idée par rapport au conflit objectif/moyen du personnage. Pour garder son fils, elle est prête à tuer son mari, à fuir, à se cacher, à se faire du mal... et puis finalement elle est capable de blesser son fils voire même de risquer sa vie. C'est là que Anne comprend qu'elle est folle et dangereuse et qu'elle abandonne son objectif.

J'espère que tout cela a été/sera compris ! Ah ah !
Anthony aime la bolognaise

dimanche 3 juin 2007

Synopsis CEEA 2007 : La Prisonnière Irlandaise

Irlande – été 2005
Les vagues viennent s'écraser sur les falaises blanches. Anne, une femme d'environ trente ans, observe, comme hypnotisée, le ressac. Elle détache son regard de l'eau et se tourne vers une maison en pierre.
Elle ouvre la porte, entre dans la vieille maison silencieuse. Sur le dessus d'une vieille armoire, la main d'Anne tombe sur un revolver. Elle le soupèse, vérifie qu'il est chargé.
Dans la chambre du fond, un petit garçon de deux ans, Léo, dort à poings fermés. Son ventre monte et descend lorsqu'il respire. Anne reste sur le palier, de n'entre pas ; elle referme la porte et entre dans une autre chambre. Un homme dort, étalé de tout son long sur le lit. C'est Jacques, son mari ; un bel homme un peu plus âgé qu'elle. Après l'avoir longuement observé, Anne pose un oreiller sur le visage de son mari, vise avec l'arme.
Et elle tire.
Le coup ne fait pas énormément de bruit. Elle retire l'oreiller, dévoilant un énorme trou au-dessus de l'oreille de Jacques. Les yeux de l'homme sont entrouverts, comme s'il était en train de s'endormir.
Elle sort de la pièce et va récupérer son fils dans l'autre chambre. Léo dort encore. Anne le prend dans ses bras et quitte la maison. Elle ne referme pas la porte.
C'est un peu plus tard que Léo se réveille, alors que Anne démarre la voiture. "Il est où Papa ?" lance le petit garçon. Le visage d'Anne est ravagé par les larmes. Elle essaye de parler, elle a la gorge nouée... et puis : "On ne reverra plus Papa mon chéri... plus jamais"
La voiture quitte l'allée et disparaît au loin.

Paris – printemps 2007
Dans un quartier populaire de Paris. Il est 17h et une dizaine de parents s'amassent devant le centre sportif municipal. Un des parents, Yann, discute avec une mère puis décide de rentrer dans le bâtiment pour voir son fils. C'est un homme assez jeune et plutôt beau ; en allant vers la salle de sport, il est noyé au milieu d'un flot d'enfants allant à sens inverse.
Il s'arrête enfin devant une porte. Par la petite vitre, il observe un cours de judo : huit ou neuf enfants, principalement des garçons entre 3 et 6 ans finissent de suivre l'enchaînement des katas.
Son regard se porte ensuite sur le professeur, qui n'est autre que Anne. Le kimono la rend encore plus charmante et Yann ne quitte pas des yeux la jeune femme qui salue ses élèves et les laisse partir.
Il ouvre la porte et pénètre sur le tatami. Un petit garçon rouquin se met à courir vers lui avant de sauter dans ses bras. "Alors champion, ça c'est bien passé ?" lui lance Yann tout en lui caressant les cheveux. Son fils Paul raconte à quel point il a adoré et que la prof est trop sympa !
Léo profite de ce moment là pour arriver et essayer de faire une prise à Paul. Yann ne semble pas très rassuré mais Anne arrive et calme les deux garçons puis se présente. Yann est enchanté et les adultes se mettent à discuter alors que leurs enfants jouent sur le tatami.
Paul est un garçon plutôt doué qui a énormément d'énergie à revendre et le judo lui convient plutôt bien. Yann explique depuis quelques temps il ne savait plus quoi faire avec cet enfant turbulent et hyperactif. Il remercie chaleureusement Anne, appelle son fils et ils quittent la salle de judo. Anne prend Léo dans les bras et le serre contre elle. "Viens, on doit passer faire les courses avant de rentrer."

La mère et le fils sont dans les rayons d'un supermarché. Elle prend des boîtes de conserve qu'elle installe dans la grande poussette de Léo, qui sert aussi de cabas. Léo essaie d'ouvrir un sachet de sucettes qui lui résiste.
A la caisse, Léo lutte toujours pour ses sucreries – sa mère est occupée à discuter de la pluie et du beau temps avec la cliente derrière elle.
Le paquet de sucettes glisse sur le tapis, passe dans les mains de la caissière, BIP ! et retombe dans la poussette de Léo.
Dans la rue, Anne s'aperçoit que Léo se bat avec le sachet de sucettes. Elle prend le sachet et d'un geste vif, déchire le plastique. Les sucettes s'envolent et tombent un peu partout : au fond de la poussette, sur le trottoir... Léo éclate de rire en voyant sa mère se baisser pour les ramasser.
"Papa ! Papa !" Anne relève la tête lorsqu'elle entend les cris de Léo : dans la rue, en face d'elle, se tient Jacques, une sucette à la main.

Anne est sous le choc. "Jacques ?" Son mari s'approche d'elle et donne à Léo sa sucette. Il parle un peu avec son fils puis se relève et prend Anne dans ses bras : "Je suis content de te revoir... tu m'as manqué." Et de lui proposer d'aller boire un verre.
Au McDonald's du coin, Léo glisse sur un toboggan dans l'aire de jeu pour enfants. Assis à une table à quelques mètres de là, Anne et Jacques se dévisagent en sirotant un soda. Jacques brise la glace : ce n'est pas réellement ce genre de "verre" qu'il pensait boire. Après tout ce temps loin de son fils et de sa femme...
"Comment tu... tu es revenu ?" Jacques ne comprend pas. Il a pris l'avion – c'est la seule façon de revenir de l'Australie. Jacques en profite pour lui expliquer le pourquoi de sa visite. Il veut ramener Léo avec lui en Australie. C'est un pays merveilleux et ça serait une formidable expérience pour lui. Il est jeune, c'est le moment ou jamais de voyager, de découvrir...
Anne l'arrête tout de suite : Léo n'ira jamais nul part tout seul. Elle se lève, récupère son fils et s'apprête à sortir. Jacques intervient rapidement : c'est son fils et il a autant le droit de le voir que Anne. Elle a 3 jours pour décider.

Anne et Léo arrivent chez eux. Petit appartement propre et spacieux. Quelques posters sont affichés sur les murs : un film à gros budget, une affiche touristique pour l'Irlande. Elle met son fils dans un bain et s'occupe du linge sale. Dans la buanderie, elle reste plusieurs secondes à observer la machine à laver. Ses doigts tâtent le coin de la machine. Elle se baisse pour mettre le linge sale dans le tambour et précipite son front contre le métal.

Le lendemain, le cours de judo se termine. Quelques parents viennent récupérer des enfants. Au bout de quelques minutes, il ne reste que Ludovic et Paul. Anne cherche dans son sac son téléphone portable ainsi que la liste des enfants et appelle Yann. Elle tombe sur le répondeur. Sur son front, on découvre une énorme ecchymose.

Appartement d'Anne. Assis au comptoir du bar américain, Léo et Paul dégustent des spaghettis bolognaises. Anne les observe avec amour. Quelqu'un frappe à la porte. Anne se dépêche d'ouvrir et tombe sur Yann. Il est désolé, son patron n'a pas voulu le lâcher et il n'avait pas son portable. "Tout va bien, ne vous inquiétez pas !" Yann s'excuse encore une fois et vient prendre son fils dans les bras.
"On y va Paul, on doit rentrer à la maison" lance Yann. Son fils voit les choses autrement : Léo a un film trop cool avec des ninjas et il a envie de le voir. Yann tente de discuter mais Anne lui propose de rester, elle a fait des pâtes pour dix personnes. Les grands peuvent manger pendant que les plus petits regardent le film "trop cool". Yann finit par accepter.

Alors que les enfants regardent leur film, Anne et Yann dégustent les délicieuses spaghettis tout en se racontant leurs vies. La mère de Paul est morte il y a deux ans et a chamboulée leur vie. Paul est devenu hyperactif et irascible et Yann s'est noyé dans le travail – mais les choses s'améliorent petit à petit. Quant à Anne, elle explique pourquoi elle a voulu divorcer de son mari qui habite en Australie mais qui est à Paris en ce moment. Il est venu pour emmener Léo avec lui. "C'est lui qui vous a frappée ?" Anne hoche la tête doucement. "Si je peux faire quoi que ce soit pour vous, n'hésitez pas à me le demander."
Le repas finit, Yann emporte avec lui Paul, endormi dans ses bras et remercie Anne pour le bon dîner. Mais à peine Yann a t-il refermé la porte qu'on frappe à nouveau. Anne ouvre : c'est Jacques.

Assis sur le canapé, Jacques remercie chaleureusement Anne pour le café qu'elle vient de lui offrir. Lui aussi a quelque chose pour elle : il lui tend un dossier. Elle l'ouvre, le feuillette. "Ce sont des témoignages, des lettres d'amis, des preuves de ce que je peux apporter à Léo s'il vient avec moi en Australie." Il a parlé avec son avocat et... vu les circonstances du divorce, Jacques a toutes ses chances. Alors Anne devrait laisser Léo partir plutôt que de se battre.
Anne est hors d'elle et ordonne à Jacques de partir. Elle devient quasiment hystérique, hurle, le pousse de chez elle. En quelques instants, Jacques est sorti de force de l'appartement. Elle court dans la chambre de Léo et le réveille violemment : "Je ne te laisserai pas partir, OK ? Je t'aime. Tu comprends ? Je t'aime !"
L'enfant, encore à moitié endormi, ne comprend pas ce qui se passe.

Le lendemain matin, au commissariat. Anne est en train de porter plainte pour coups et blessures devant un jeune policier sympathique. Il tape avec énormément de lenteur et repose plusieurs fois la question – pour être sûr de ne pas faire d'erreur. Il rajoute – pour excuser sa lenteur – que c'est sa première semaine.
Anne en face est nerveuse, hésitante sur certains détails et très précises sur d'autres. Elle prétend que Jacques son ex-mari est venu chez elle, l'a menacée de kidnapper leur enfant et l'a finalement frappée. L'inspecteur va poser une question puis se ressaisit puis demande : "Vous m'avez dit que vous étiez professeur de judo... Alors vous pouvez vous défendre, non ?".
Anne hésite et puis avec énormément de calme reprend l'inspecteur : "J'enseigne l'art plastique pas le judo."

Anne est maintenant dans le bureau plutôt miteux d'un avocat. Une très belle et jeune secrétaire vient déposer une tasse de thé fumant sur la table basse où l'avocat et Anne discutent. L'avocat semble assez réticent par rapport à l'affaire. Selon lui, il n'y a pas assez d'éléments positifs envers Anne, "surtout quand on voit pourquoi il a voulu divorcer. Vous avez eu la chance que jusque là il n'a pas voulu la garde de l'enfant." Anne prend la mouche et annonce qu'elle se débrouillera toute seule.
Sur la table, son thé a refroidi dans un petit gobelet en plastique.

Au centre culturel municipal, Anne range les dessins et les pinceaux que les enfants ont laissés traîner. Une femme, une belle rousse d'environ 25-30 ans entre dans la pièce, furibonde. "Vous êtes Anne ?" La jeune femme n'a que le temps de dire "oui" qu'elle se prend une gifle en plein visage. "Ne vous approchez plus de mon mari, est-ce que c'est bien compris ?" Anne est perdue. "Je suis la mère de Paul. Il ne viendra plus à votre cours d'art plastiques. Laissez notre famille tranquille !" Elle renverse presque une table en se retournant puis sort de l'atelier, toujours aussi en colère. Anne reste toute seule au milieu des dessins.

Anne est plongée dans sa cuisine : elle coupe minutieusement les oignons, tranche avec calme les tomates, verse de l'huile dans un large fait-tout, brise avec le dos d'une cuillère des dizaines de petits comprimés roses...
Elle n'entend pas qu'on frappe à la porte. C'est Léo qui vient lui tirer le bas de sa robe : "C'est papa." Jacques découvre l'appartement d'Anne. C'est le désordre partout et Léo porte encore son pyjama. "J'ai appelé et laissé des messages, je croyais que tu les avais reçu." Il vient récupérer Léo et il va au cinéma avec lui, celui qui est de l'autre côté de la rue. Il le ramène après, c'est promis. Léo saute de joie et va s'habiller. Jacques soulève le couvercle de la sauce que Anne prépare et hume le parfum : "toujours aussi bonne on dirait."

Par la fenêtre, Anne voit Jacques et Léo traverser la rue et entrer dans le cinéma en face. Elle reste là longtemps, à les attendre. La nuit tombe et la rue est presque embouteillée lorsque le père et son fils sortent du cinéma. Le petit semble ravi et ils reviennent vers l'appartement d'un pas tranquille.
Sur la palier de la porte, Anne attend les deux garçons. Jacques remercie Anne de lui avoir donné un peu de temps avec son fils. Il l'embrasse et lui promet de revenir vite. Anne invite Jacques à rester manger mais ce il décline poliment. Puis il descend les marches quatre à quatre en faisant mine de tomber pour faire rire Léo.
La porte du bas de l'immeuble claque et Anne se penche vers son fils : "C'est ton père qui t'a fait ça ?" dit-elle avec étonnement et surprise en passant sa main sur le visage normal de Léo – comme s'il était blessé.
Et sans prévenir, elle le pousse dans l'escalier.

Hôpital Necker à Paris.
Léo repose dans un lit, des bandages sur le front, un bras dans le plâtre, un tube respiratoire dans la bouche. Anne lui caresse le front. Il ne bouge pas, il est un coma profond. Une infirmière passe sa tête par la porte et entre dans la chambre : Anne ne doit pas bouger, des inspecteurs de police vont passer pour lui poser quelques questions. Anne promet de ne pas bouger : "je dois être forte pour mon petit garçon. Je dois être forte pour que ce monstre aille croupir en prison..." L'infirmière se retire, un peu gênée.
Anne se penche sur le lit de son fils. Elle cherche la main du petit garçon, la serre. Elle murmure un "je t'aime" puis se met à sangloter. "Celui qui t'a fait ça est un monstre... un monstre..."

Dans le couloir de l'hôpital, Jacques arrive encadré par deux policiers. Devant la porte de la chambre, il se retourne et demande s'il peut lui parler avant qu'ils ne l'emmènent. Les deux policiers se regardent et acceptent. Jacques entre dans la chambre.

Anne est penché sur son fils. Elle dépose des petits baisers partout sur son visage et son corps, comme s'il s'agissait d'un petit animal blessé. Elle prononce de temps en temps son nom et puis termine par un : "C'est moi qui t'ai fait ça... c'est moi..."
Jacques arrive derrière elle et la serre dans ses bras. Anne se met à pleurer en prenant la main de son fils. Jacques lui dit de se calmer. Que tout va bien. Qu'elle sera soignée.
Si elle veut, il peut passer chez elle pour récupérer des vêtements. "Oui Jacques, bonne idée... Il va me falloir des vêtements. Et il en faut pour Léo aussi." et après une pause : "tu dois jeter la sauce... je crois que... je crois que je l'ai empoisonnée." Jacques serre aussi tendrement que possible son ex-femme.
Quelque part en France – quelques mois plus tard
Un fourgon de police s'arrête devant un hôpital en pleine ville. Anne sort du véhicule, escorté par deux policiers puis est accueillie par deux infirmières dans un grand hall blanc. Elle est amenée vers une chambre, au bout d'un couloir très lumineux. Dans la petite chambre il n'y a qu'un petit lit et un lavabo.
Un courant d'air vient frôler le visage d'Anne. Elle s'approche de la fenêtre. Elle découvre une étendue sauvage, des falaises, le ciel chargé et une mer bleu foncé à perte de vue dont les vagues viennent s'écraser sur les falaises blanches. Anne se penche et le ressac commence à l'hypnotiser.

samedi 2 juin 2007

Concours du CEEA 2007

En vous inspirant de cette photographie vous développerez la trame d'une intrigue ou synopsis de huit à dix pages maximum, se situant en France de nos jours avec un début, un milieu et une fin, dans laquelle devront évoluer des personnages humainement et émotionnellement discernables, associés à des objectifs clairs, animés par des motivations crédibles.

Je n'ai pas de scanner donc vous ne verrez pas la photo sur mon blog. Il s'agit d'une femme se penchant dans une poussette. Un enfant – un garçon semble t-il – rit aux éclats. Le visage de la femme n'est pas visible.

Plus loin dans le document on apprend que cette femme est le personnage principal de l'histoire et qu'il faut prendre en compte son trait de caractère principal : la fabulation. Une définition du mot ainsi qu'une définition de mythomanie. Le tout doit faire moins de 15 000 caractères.

Si le QCM du matin était bien plus difficile que l'an dernier – voire carrément impossible, surtout quant on parle d'économie et de football –, le synopsis m'a semblé plus simple. Tellement plus simple que j'ai fini en 4 heures et que j'ai passé trente minutes à réfléchir à ce que je pourrais faire pour le rendre meilleur... avant de décider de le rendre.

Vous lirez dans quelques temps mon synopsis sur ce blog, j'espère qu'il vous plaira malgré son côté décousu et très bizarre – c'est fait exprès ! Je suis content de moi parce que j'ai écrit quelque chose qui me plait, qui me ressemble.

Maintenant, il faudra attendre le 27 juin pour l'oral et le 28 juin pour les résultats. Je tiens à remercier tous les gens qui m'ont soutenu, qui sont venus sur ce blog, qui ont posté – ou pas – : merci à vous !


Anthony